UGA en commun

L’UGA en cette rentrée 2026 : Que la fête (re)commence* ou ridicule** ?


un été marqué par des conditions extrêmes ; la rentrée à l’UGA se présente sous des auspices inquiétants.

L’année universitaire a commencé par un email du président à l’ensemble des personnels sous forme de pseudo mea culpa. Une lecture attentive du mail montrait surtout une justification de son pouvoir autocratique. En résumé, cela disait : « Je suis désolé si je froisse les gens qui travaillent à l’université mais comme j’ai raison, seule ma vision des choses est valable et donc vous êtes prié de vous y conformer sinon vous aurez affaire à moi ».

Le 1er septembre la démission du VP formation est devenue, quant à elle, effective. Depuis, silence radio, pas de candidats proposés par le président, pas de discussions avec l’opposition qui est devenue majoritaire à la CFVU après le renouvellement des mandats étudiants.

La suite du mois de septembre ce sont quelques discours lénifiants et quelques mails ressemblant tellement à des sorties d’IA génératives que l’on a du mal à retenir des bâillements d’ennui.

Puis est venu une étrange dépêche publiée par l’AEF, dépêche relatant une interview croisée du président et de son VP recherche. Il faut dire que le lendemain avait lieu une commission recherche assez cruciale. UGA en Commun et les syndicats CGT et FSU présentaient deux motions particulièrement importantes.

Les motions de rentrée de la commission recherche

Une 1ère motion a demandé le report de la labellisation des CDP. Elle a été adoptée avec 23 voix pour, 12 contre et 2 abstentions. Il faut dire que le cadrage des CDP avait déjà été rejeté par la CR au début de l’année 2026 avec pour seul effet un décalage du calendrier, le président et son VP recherche montrant ainsi le peu de cas qu’il faisait des votes des conseils élus.

Par la suite, les résultats des labellisation connues au début du mois de juillet 2026, ont fait apparaitre des anomalies entre les évaluations par les experts extérieurs et les résultats finaux. Ces anomalies réclament la plus grande transparence sur les évaluations des 22 projets. Notamment, les critères utilisés par le comité de sélection interne à l’UGA qui utilise des qualifications qui ne sont pas dans le cahier des charges et qui ne recoupent pas celles des évaluateurs indépendants extérieurs ; leurs contenus est non transparent et arrivent après coup soulevant la question de l’impartialité. Pour rappel, ces appels CDP avaient déjà donné lieu à des contestations sur l’impartialité du jury et cet appel de 2016 avait été annulé par le tribunal administratif.

Pour illustrer ce qui pose problème, on peut prendre pour exemple le projet porté par des élus de l’opposition, arrivé en 2ème position de l’expertise internationale exterieure, quelle que soit la façon de prendre en compte cette expertises et qui n’a, au final, pas été financé. À contrario le projet qui est arrivé avant dernier (soit 21ème/22) a pour sa part été financé. Dans tout ce fatras, où est le respect de l’évaluation par les pairs ? où est l’excellence ?

L’ensemble de ces anomalies, ajouté au mépris affiché de la présidence pour les votes de la commission recherche, ont poussé les mêmes acteurs à voter une motion demandant au VP recherche de démissionner face à son incapacité à respecter la plateforme programmatique élaborée entre une très grande partie des syndicats et UGA en commun fin 2024. C’est sur la base de cette plateforme que Philippe Roux à été élu VP Recherche mettant fin à une vacance de plusieurs mois. Cette deuxième motion a été adoptée par 23 voix, 16 contre et 4 abstentions.

Une dépêche AEF datée du lendemain du vote résumant de manière assez exhaustive la situation annonce que le VP recherche a présenté sa démission au président mais que le président l’a refusé. Ils avaient dû suivre l’épisode de la ridicule démission ratée de Mme Barbut, ministre de l’environnement, pour inventer une hypocrisie pareille. Ceci dit cette dépêche AEF est à lire avec attention car elle comporte quelques mentions qui interrogent. Philippe Roux indique ainsi : « Yassine Lakhnech m’a convaincu que ce n’était pas une bonne idée, sachant que la situation ne nuit pas pour le moment à ma santé ou à ma vie familiale ». Faut-il pour démissionner de l’équipe politique du président que cela nuise à la santé ?

Au-delà de cette question, Il faut une certaine dose de mépris de la démocratie pour rester vice-président quand la commission qui vous a élu, vote une motion vous demandant de démissionner. On voit bien là, la façon de gouverner du président qui « puisqu’il a raison » ne va tout même pas s’encombrer de démocratie.

Très belle illustration du mail de fin août justifiant son autocratie !

La situation est très grave à l’UGA et plus largement dans les universités en France et ailleurs. Le président et son VP recherche ne trouvent rien de mieux que de considérer la commission recherche comme un paillasson sur lequel on peut s’essuyer allégrement les pieds.

*Que la fête commence… est un film historique français réalisé par Bertrand Tavernier sorti en 1975

**Ridicule est un film français de Patrice Leconte sorti en 1996