Le Conseil d’administration de l’UGA du 2 juillet a adopté un budget rectificatif à 21 voix contre 20, qui acte des choix lourds de conséquences pour les personnels et le fonctionnement de notre université.
Sur le budget
Lors du vote du budget, les représentants de la CGT, de la FSU, de UGA en Commun, de l’UNEF, de l’Union étudiante, d’interasso et du POING levé ont voté contre. Nous avons été rejoints sur ces votes par le SNPTES.
La CFDT et l’UNI ont choisi de soutenir le budget, identiquement à Université d’avenir (liste soutien du président)
Ce vote n’est pourtant pas un vote de principe : il fragilise durablement notre université.
Le budget prévoit d’abord la suppression de 60 emplois parmi les personnels BIATSS. La présidence affirme que ces suppressions n’auront ni un impact sur la qualité du service rendu aux usagers, ni de conséquences pour les collègues qui resteront en poste.
Qui effectuera le travail de ces 60 agents ? De quelles manières les missions vont-elles être réorganisées ? Nous n’avons aucune information sur ces points. Dans ce contexte, l’intégration de l’intelligence artificielle dans le quotidien des services prend tout son sens. Pourtant, les retours d’expérience montrent que ces transformations ne sont pas sans conséquences humaines, sociales et organisationnelles, sans oublier les impacts environnementaux massifs de cette technologie.
Sur la trésorerie
La situation de la trésorerie est particulièrement préoccupante.
Pour rappel, la trésorerie de l’UGA (équivalente au solde de notre compte courant) est composée de deux parties :
- la trésorerie fléchée, destinée à des projets financés (IDEX, ANR, etc.) ;
- la trésorerie non fléchée, qui sert à financer les dépenses courantes de l’établissement : salaires, fonctionnement quotidien, factures, fluides, etc.
Les documents transmis aux administrateurs indiquent qu’à la clôture de l’exercice, la trésorerie non fléchée s’établira à -15,8 millions d’euros.
Lorsque nous avons soulevé ce point en séance, le président a affirmé que cela ne posait aucun problème pour le paiement des dépenses de l’université. Le directeur des affaires financières a pris la parole juste avant le vote, alors que les débats étaient clos, pour expliquer aux administrateurs que les 15,8 millions correspondaient à une variation de trésorerie et non au solde ; un mensonge.
Les documents budgétaires présentés au Conseil indiquent bien qu’il s’agit du solde de la trésorerie non fléchée, c’est-à-dire des ressources disponibles pour assurer le fonctionnement courant de l’établissement : salaires, fluides, achats courants, etc. En d’autres termes, à la fin de l’exercice notre trésorerie non fléchée sera « à découvert » de 15,8 millions d’euros.
Une telle situation mérite des explications claires et transparentes afin que les administrateurs exercent pleinement leur mission de contrôle et avec responsabilité.
Sur l’IdEx
Nous avons une nouvelle fois demandé des comptes. Nous avons également souhaité ouvrir un débat sur sa mobilisation, au-delà du seul financement de projets. La convention de dévolution entre l’état et l’UGA est pourtant explicite : les fonds IdEx sont gérés en pleine autonomie par l’UGA. À ce titre, il appartient bien au Conseil d’administration de débattre de l’allocation de ces fonds.
Le président s’y est opposé, affirmant lors de ce CA que ces discussions relevaient du directoire. Or, d’après les statuts, le directoire fait des propositions au conseil d’administration qui prend les décisions. Et fait est que le directoire ne débat de rien, pas plus que le Conseil d’administration. Il ne constitue guère plus qu’une chambre d’enregistrement des décisions et des injonctions de la présidence.
Une gouvernance responsable suppose pourtant de la transparence, de la délibération et un véritable contrôle démocratique sur l’utilisation de ces ressources. Les élus qui « laissent passer » sans même une question sont des irresponsables qui n’exercent pas leur mandat.
Sur la Motion « bienvenue en France »
C’est tout simplement la honte ! les étudiants ont proposé le vote d’une motion envoyée aux membres du CA en temps et en heure. En séance le président nous annonce qu’une autre motion a été préparée par les élus « université d’avenir », d’aucuns ne semblait être au courant. Cette seconde motion n’a d’ailleurs pas été transmise aux élus en amont du CA. Elle supprimait la demande au président de l’UGA de prendre publiquement position. Suite à nos protestations, à une cacophonie eut égard à la situation et à une porte ouverte par laquelle on entendait les étudiants manifester à l’extérieur contre le projet « bienvenue en France », Le président à clos le CA sans vote et s’asseyant une nouvelle fois sur le vote des élus du CAC.
Ras-le-bol d’un tel niveau de dysfonctionnement de la démocratie universitaire, ce type de glissement est extrêmement préoccupant dans un contexte ou l’extrême droite est aux portes du pouvoir.
« Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien » Edmund Burke.