UGA en commun

Le plan stratégique de l’UGA : tentative de décryptage


Préambule

De mémoire d’élus — bon, d’accord, une mémoire un peu courte puisque nous ne siégeons que depuis deux ans — nous n’avions encore jamais vu un document de ce genre. À vrai dire, à sa lecture, on se demande presque si ce n’est pas le genre de note confidentielle (page 2 :« Être souverain, c’est disposer du pouvoir de décision ultime et de la liberté de déterminer ses propres choix ») que les têtes pensantes de l’OTAN rédigent entre deux réunions stratégiques ?

Comme l’a expliqué l’équipe présidence lors du CA, ce texte aurait été rédigé dans un contexte de « tensions géopolitiques exaspérées ». Exaspérées par qui ? Par quoi ? Nous l’ignorons encore. Mais il est vrai que nous n’appartenons pas tout à fait à ce cercle très informé.

Quoi qu’il en soit, une phrase a particulièrement retenu notre attention — parmi beaucoup d’autres tout aussi savoureuses[1] :

Page 10 : « Pour projeter l’excellence de l’UGA à l’échelle mondiale et contribuer à bâtir une souveraineté scientifique européenne. Ce rayonnement permet d’attirer les meilleurs talents internationaux et de déployer une influence géostratégique majeure, connectant l’écosystème grenoblois d’innovation aux centres de décision mondiaux par une contribution active à la diplomatie scientifique. »

Après avoir demandé quelques éclaircissements, il nous a été expliqué que cette ambition faisait notamment référence au partenariat entre l’UGA et l’université de Tsukuba, partenariat qui aurait contribué — ni plus ni moins — à la signature d’accords économiques majeurs entre la France et le Japon.

À la suite de la lecture de ce « plan stratégique 2026-2030 » et de nos échanges en CA, un doute traverse nos esprits : le Conseil d’administration de l’UGA est-il bien ce qu’il prétend être ? Ou s’agit-il en réalité du think tank discret du secrétariat général des Nations unies ?

Dans l’équivoque, nous nous préparons donc à la visite imminente de M. Guterres, ainsi qu’à la nomination prochaine de la VP du CA de l’UGA à la tête du FMI, en remplacement de Christine Lagarde.

Plus sérieusement : Qu’est-ce qu’un plan stratégique ?

Il faut d’abord rappeler que ce plan aurait dû nous être présenté en décembre 2024 et non pas en mars 2026. Il devrait concerner le mandat des élus actuels et pas celui des élus qui ne le sont pas encore !

Ensuite, un plan stratégique, c’est un document qui définit la direction à moyen ou long terme d’un établissement (2 à 4 ans nous concernant). Il sert à répondre à trois questions essentielles :

  • Où sommes-nous aujourd’hui ? (une analyse de la situation)
  • Où voulons-nous aller ? (une vision de l’avenir)
  • Comment allons-nous y parvenir ? (des axes prioritaires, des objectifs précis, un plan d’actions concret )

Il est utilisé pour aligner les décisions, les projets et les ressources autour d’objectifs communs ; c’est un outil de pilotage au quotidien. Il peut être précisé par des schémas directeurs qui déclinent de manières beaucoup plus opérationnelles ce plan. Mais à l’UGA les schémas directeurs ont été produits avant ce plan !

Et quoi qu’il en soit, que l’on parle du plan stratégique ou des schémas directeurs, ils sont quasi irréalisables tellement ils contiennent de points et d’actions en face desquelles aucune priorisation, ni identification des ressources nécessaires n’ont été réalisées.


[1] pour les découvrir, voici le document complet que 23 élus du CA ont tout de même osé approuver ; l’ont-ils seulement lu ?