Le dernier Conseil d’Administration en date du 13 mars 2025, a donc été marqué par la non présentation du projet stratégique de l’établissement pourtant obligatoire, conformément au règlement intérieur de l’UGA. Il a été également marqué par le vote du Compte financier de l’UGA.
A la grande surprise des administrateurs, l’UGA clôture l’année 2024 avec un bénéfice proche d’un million d’euros. Ce résultat étonnant pour nous, semble l’être tout autant pour la direction de l’établissement. En effet, à la fin de l’année 2024, juste à quelques semaines de la clôture des opérations financières, cette direction a fait voter au CA un budget rectificatif qui prévoyait plus de 6 millions de déficit. L’inquiétude fut telle que le président a pris l’initiative de communiquer dans la presse et auprès du personnel de l’UGA sur « le désengagement l’État ».
En quelque semaines, le résultat a donc varié de plus de 7 millions d’euros et aucune réelle explication d’une telle variation n’a été donnée aux administrateurs. Ce manque de pilotage de l’université est encore plus flagrant si l’on compare le budget initial 2024 et son exécution à la fin de l’année : nous avons pu observer une variation de près de 20 millions d’euros, soit un montant qui dépasse, par exemple, la totalité de la dotation de fonctionnement à la recherche de l’UGA. Jamais dans l’histoire moderne (depuis le passage aux compétences élargies en 2010) de notre établissement, nous n’avons connu un pilotage aussi erratique des comptes de l’université. Le Conseil d’Administration continue donc à voter des budgets sans réelles explications sur le montant qu’ils représentent, navigant ainsi à vue, dans le brouillard et sans corne de brume.
L’absence de pilotage n’est pas le seul sujet d’inquiétude concernant la situation financière de l’UGA. Nous nous sommes déjà exprimés sur ce blog, au sujet de la diminution très rapide du fond du roulement mobilisable de l’université. À cela se greffe le problème des taux de consommation des crédits qui continuent à se dégrader par rapport aux années antérieures. Sur les nombreux projets (PIA, AMI, …) qui représentent aujourd’hui près de la moitié du budget de fonctionnement et d’investissement de l’UGA, les taux commencent à s’approcher de 60 % et, sur certaines lignes, 40%. La plupart de ces projets n’ont jamais été présentés au Conseil d’Administration et aucune analyse de cette dynamique n’est faite par la direction de l’établissement (en est-t-elle vraiment capable ?). Il serait pourtant intéressant de comprendre cette sous-consommation des crédits. Est-elle liée aux retards ou aux abandons des projets ? à la complexité des procédures internes qui ralentissent les actions des collègues et donc des projets ? à d’autres raisons ? Ce n’est pas sérieux de voir la direction de l’UGA se plaindre d’un manque de financement, alors que nous sommes incapables de consommer correctement les crédits obtenus (également réduits du fait de l’inflation). Le ridicule ne tue pas, certes, mais cette façon de gérer l’argent public n’est pas acceptable.