UGA en commun

Point de situation sur l’ « Institut Interdisciplinaire de la Transition Écologique »


Rappel chronologique des faits

Mandat 2020-2024 : création d’un groupe de travail « recherche responsable » de la vice-présidence « responsabilité sociétale et environnementale » ayant pour mission : « d’installer durablement la recherche transdisciplinaire sur l’Anthropocène dans le paysage de l’UGA ».

  • Ce GT a organisé des séminaires de recherche et engagé des réflexions sur la création d’un institut (ou autre structure) transdisciplinaire pour la transition socio-écologique.
  • Au printemps 2023, le groupe a présenté ses propositions au président Yassine Lakhnech, mais n’a reçu aucune réponse.

Fin juin 2023 : Le président Yassine Lakhnech confie à Magali Talandier et Sabine Lavorel la mission de préparer la création de l’Institut Interdisciplinaire de la Transition Écologique (IITE), sans tenir compte des travaux déjà réalisés par le groupe de travail.

  • Cette mission a repris le travail depuis zéro, sans même contacter les membres du GT « recherche responsable » de la VP RSE, commandant un benchmark à un consultant extérieur qui est passé à côté d’acteurs majeurs (le PIK par exemple).
  • Six réunions de concertation ont été organisées, mais faute d’objectifs clairs, elles ont débouché sur des propositions vagues.
  • À l’Issue de cette mission, pendant la période d’administration provisoire, un premier groupe de travail IITE a été constitué sur la base de ces « résultats » en tirant 8 personnes au sort parmi les participants volontaires.

Juillet 2024 : à cause d’une mission trop large et d’un délai trop court, le GT IITE n°1 s’arrête.

Septembre 2024 : Un nouveau groupe de travail IITE est formé, composé d’une quinzaine de personnes (majoritairement non spécialistes du sujet), sous la direction de Sabine Lavorel, élue Vice-présidente pour la transformation écologique pour rendre ses préconisation à la mi-janvier 2025.

17 mars 2025 : Présentation publique des propositions du GT IITE n°2 sur la base d’un travail réalisé au cours de 6 réunions de 2h auxquelles n’ont pas pu participer tous les protagonistes faute de temps.

Notre commentaire

Depuis le début, ni Yassine Lakhnech, ni son équipe n’ont pris la mesure de ce qu’il y avait à faire sur ces sujets de transition socio-écologique. Nous avons le sentiment que cette démarche consiste davantage à cocher des cases qu’à construire une véritable vision.

Du fait d’une mission trop floue, et d’un manque de compétences spécifiques au sein du groupe de travail la présentation du projet d’IITE faite le 17 mars 2025 s’est apparentée à un simple exercice de communication. En réalité, cette présentation semble marquer un recul dans la définition de la mission de l’Institut.

Nous pensons que la vice-présidente transformation écologique a manqué à sa mission sur 2 points cruciaux :

  • s’assurer que le groupe de travail formule des propositions concrètes pour définir les objectifs ou la raison d’être de l’institut.
  • organiser un processus de délibération et de sélection parmi ces propositions.

L’absence de cadrage politique a conduit à des propositions trop génériques qui ne tiennent pas compte des spécificités systémiques des questions de transition socio-écologiques et qui ne permettent pas de dégager de ligne scientifique directrice pour l’institut.

Ce projet semble ne présenter qu’une coquille vide, accueillant des « actions » qui mélangent des approches incompatibles. Alors qu’aucune ligne scientifique n’a été clairement définie, un schéma de gouvernance complexe a été proposé, digne d’une véritable usine à gaz (AG plénière, comité d’éthique, comité stratégique, équipe de direction).

Au terme de deux années de travail, de l’engagement de deux chargées de mission, de concertations avec plus de 80 collègues, de l’intervention d’un cabinet de consultant, l’UGA – qui se positionne comme pionnière dans la transformation écologique et qui ambitionne d’être « innovante par rapport aux autres instituts européens » – est encore incapable de définir des objectifs clairs pour construire un institut dédié à ces enjeux.

Comme disent les jeunes, c’est lunaire !

Post-scriptum : On essaiera de ne pas oublier que c’est quand même de l’argent public…